Les usagers de deux-roues motorisés représentent une catégorie particulièrement vulnérable dans le système de transport routier. Bien qu’ils constituent une proportion réduite du trafic global (environ 1%) leur implication dans les accidents graves ou mortels est largement surreprésentée (environ 25%). Cette situation s'explique par plusieurs facteurs structurels, comportementaux et environnementaux.
Sur le plan structurel, les deux-roues motorisés n’offrent qu’une protection passive très limitée comparée aux véhicules automobiles. En cas de choc, l'absence de carrosserie expose directement le conducteur aux traumatismes corporels. De plus, la stabilité du véhicule, fortement dépendante des conditions de la chaussée et de la manœuvrabilité du pilote, peut être facilement compromise, notamment en cas de freinage d’urgence ou de virage à haute vitesse.
Les causes d'accidents impliquant des deux-roues motorisés sont multifactorielles. Elles incluent notamment la vitesse excessive, le non-respect des priorités, les comportements imprudents
(zigzag, dépassements dangereux), mais aussi une visibilité réduite du motard par les autres conducteurs. À cela s’ajoute une infrastructure routière souvent inadaptée : revêtements dégradés, glissières de sécurité non protégées, absence de voies dédiées, ou encore signalisation peu lisible à deux roues.
Pour améliorer la sécurité des deux-roues motorisés, l’objectif de nos travaux de recherche, menés en collaboration avec le laboratoire IBISC de l’université Evry Paris-Saclay, consiste à développer des systèmes avancés d’assistance à la conduite (ARAS - Advenced Rider Assistance Systems) reposant sur l’estimation en temps réel des états du véhicules à partir des capteurs embarqués, ainsi que la perception de l’environnement.